Un squat marseillais - L'HUILERIE OCCUPÉE
15, bd Montricher
MARSEILLE 13001
tél.: 06-99850352
huilerie@altern.org

L'Huilerie Occupée est un squat marseillais ouvert en janvier 2000. Il est depuis lieu de vie et d'échange, ainsi qu'espace d'activités multiples.
Fin novembre/début décembre 2001, le squat a acceuilli les troisiemes rencontres du réseau intersquat francophone. Lors d'un concert, une violente attaque de la police contre le squat a eu lieu, ayant notamment pour résultats une tentative d'expulsion illégale, l'arrestation d'un sympathisant dont le bras fut cassé par les flics, et au moins quatre autres blessée-e-s.


En attendant, le squat est expulsable a partir du 8 décembre 2001 ; soutiens bienvenus !

Dernieres nouvelles (31/12/01) : un nouveau lieu a été occupé, pour faire suite a l'Huilerie. Gigantesque, il ouvre a nouveau plein de possibilités. L'Huilerie n'en reste pas moins squattée, et demeure menacée d'expulsion.


LEGITIMER L'OCCUPATION: pourquoi agissons-nous dans un squat et par le squat?

Depuis le mois de février 2000, un collectif d'individus occupe une ancienne huilerie inoccupée depuis 1989 et promise a la démolition, 15 bd montricher a Marseille. Alors que les toits ne servent plus a abriter la vie humaine mais a faire fructifier des capitaux, ce collectif informel, sans statut ni hiérarchie, rassemble quelques dizaines de personnes impliquées d'une façon ou d'une autre dans la vie de l'huilerie. Nous ne sommes pas des donneurs de leçons, nous ouvrons juste une porte.

Pendant que la spéculation immobiliere prive de nombreux espaces de toute utilité, se loger est soit un probleme, soit un privilege. La réquisition est la seule réponse que nous avons trouvée contre cette inégalité sociale et économique. Dans un tel contexte, qui pose mille questions, nous sommes a la recherche d'alternatives a partager avec toutes et tous. Cela implique l'expérimentation d'autres formes de rapports sociaux, de nouveaux types d'échanges, d'action, d'expression afin de ne plus etre dépossédés de l'espace public. Nous avons a la fois le souci des interactions sociales et culturelles avec le reste de la ville et du monde, et le désir de défendre une certaine qualité de vie.



Squatter, c'est entre autres, pas de loyer a payer, pas d'interrogatoire a subir pour savoir si t'as le droit de repeindre ta chambre en vert pomme. C' est etre libre et responsable dans son lieu de vie. C'est aussi un moyen de survie quotidienne qui righ peut mener a se questionner sur nos façons de vivre, sur le travail, la famille, la vie collective, le train-train quotidien, sur les possibilités de vivre nos idées dans une telle société, ...
Chaque squat est différent. Les pratiques et la théorie développées par les occupant-e-s dépendent largement des contextes politique, socio-économique, juridique, inter-relationnel, etc., mais tout squat est " politique ", dans la mesure ou il bouleverse, meme parfois involontairement, l'ordre social et la propriété privée. Le squat est dépendant des espaces laissés a l'abandon par la bourgeoisie et le systeme capitaliste en général.
Sachant cela, il ne peut etre considéré comme un but, mais tout au plus comme un moyen. Mais pas n'importe quel moyen. Le squat peut etre un lieu de résistance et d 'expérimentation. En squattant, la recherche d'autonomie permet de rendre certaines de nos idées effectives.
Squatter, c'est prendre une part de l' interdit, c'est se placer un minimum en rupture au niveau socio-économique. La lutte au quotidien des squats peut se retrouver ainsi dans des pratiques diverses : autogestion, gratuité, récupération/recyclage, réquisitions en tout genre, ouverture sur l'extérieur et confrontation des façons de vivre, débats en tous genres, ...



ETAT DES LIEUX: décrire l'occupation et les activités (en soulignant leur cohérence)

a) Un lieu d'habitation
L'aile du bâtiment constituée de logements ouvriers est exclusivement réservée a l'habitat des résidents permanents. Ceux-ci, au nombre d'une dizaine, sont tous dans une situation de précarité économique qui limite tout acces " normal " a un logement. Dans un contexte ou la paupérisation de masse touche une partie croissante de la population, les politiques de logement social ne répondent pas réellement a l'exclusion mais la contrôlent, enfermant plutôt les individus dans un dédale bureaucratique ou leur vie ne leur appartient plus. Dans un premier temps, l'occupation illégale de logements vides depuis 10 ans garantit la simple qualité de la vie, conoernant ses aspects primordiaux: manger, dormir, se laver... dans un lieu sur. Il s'agit donc d'une nécessité. Mais il s'agit aussi d'un choix qui refuse le misérabilisme,l'isolement et l'exclusion. Les habitants développent ainsi une solidaritécollective propre au squat, solidarité qui est étendue autour du squat a l'occasion de nombreuses activités et rencontres qui rassemblent des dizaines d'autres personnes.

La répartition des logements dans l'aile affectée a l'habitation, ainsi queleur articulation spécifique a l'immeuble, offrent a la dizaine d'occupants/résidents un espace privatif minimal suffisamment autonome par rapport aux parties communes. Les habitants y sont doncchez eux et peuvent aussi y mener une vie indépendante des activités multiples du squat. Chaque occupant de l'huilerie, qu'il y habite ou non, a donc un acces égal et libre a toutes les parties communes, partagées entre la vie quotidienne et une prolifération d'activités et d'échanges.

b) Un lieu d'activités
Le reste des parties communes est consacré a des activités plus spécifiques, dont certaines sont permanentes et d'autres éphémeres ou événementielles. On peut les répartir en trois espaces distincts: un garage, un hangar (fous deux au rez-de-chaussée) et le deuxieme étage du bâtiment principal.

Le garage:

Le rez-de-chaussée du bâtiment principal est un vaste garage ou peuvent etre rangés plusieurs véhicules a la fois, soit qu'ils appartiennent a des nomades qui se fixent un temps a Marseille, soit qu'ils néoessitent une remise en état. En effet, un atelier mécanique a tres vite vu le jour, quand chacun y a apporté son outillage, ses connaissanoes, des pieces ou son véhicule. Une fois rassemblés les personnes, les outils et les savoirs, une dynamique collective est apparue qui permet a chacun la réparation de son moyen de locomotion en acquéoent une certaine autonomie technique, et sans etre bloqué par un probleme d'espace ou d'argent.

A partir du meme principe s'est développé un atelier spécifique, " Basta la turvoi ", qui encourage l'utilisation de la bicyclette a travers la récupération, la réparation voire la reconstruction. Cet atelier ne répond pas seulement a des soucis de locomotion personnels: de façon concrete et ludique, il entend soulever des questions liées a l'écologie urbaine. Par diverses interventions hors les murs (affichages, théâtre vélocipedique), cet atelier cherche a sensibiliser les marseillais sur l'aspect gratuit, non-polluant et rapide de la bicyclette.

Le garage permet ainsi de pratiquer l'entretien élémentaire d'un véhicule tout en se responsabilisant sur les implications économiques, écologiques et sociales de nos moyens de déplacement. Pour aller plus loin dans ce sens, nous souhaitons installer ici une " station service " alternative pour les véhicules équipés d'un moteur a carburant végétal huile de tournesol ou de colza).

Le deuxieme étage du bâtiment principal:

Ce deuxieme appartement a été réservé aux activités collectives et a été aménagé de la façon suivante:

1. Un labo photo ou sont mis en commun le matériel et les produits chimiques, mais surtout les connaissances et les techniques. Outre la production de travaux personnels, ce laboratoire permet a l'Huilerie d'etre autonome au niveau de sa création d'images (affiches,flyers,...).

2. Une salle de réunion ouverte a différents collectifs et associations de Marseille.

3. Une salle vidéo.

4. Un atelier collectif ou se croisent des plasticiens qui ont besoin d'un espace pour élaborer leurs créations.

5. Une fanzinotheque: c'est un lieu d'archivage et de lecture ou l'on trouve toute la presse alternative et libertaire qui n'a pas de place dans les kiosques commerçants, ainsi que des publications et des dossiers.

En diffusant gratuitement un maximum de textes venus de France et d'ailleurs, nous nous faisons l'écho et nous nous intégrons a un mouvement large qui s'ouvre sur le reste du pays et sur le reste du monde.

6. L'ancienne cuisine du deuxieme étage est réservée a l'installation d'un atelier de sérigraphie (en cours).

Le hangar:

Ancien looel industriel laissé a l'abandon, la "salle polyvalente" (située au 95 rue du Cdt Mages) a été aménagée des février grâce a un chantier collectif. Depuis, cet espace a, en effet, accueilli plusieurs centaines de personnes venues participer aux différentes manifestations qui y ont été organisées: conférences, concerts, représentations théâtrales, projections vidéo, repas collectifs...

Un nouveau chantier collectif est actuellement en cours pour aménager une salle de musique insonorisée. Cela permettra a l'huilerie occupée d'accueillir des musiciens pour qu'ils y travaillent (répétitions) et pour qu'ils jouent en public sans dommage pour le voisinage (avec lequel nous cohabitons dans un respect mutuel).

LA VOCATION DE CE LIEU EST MULTIPLE:

1. C'est un lieu festif ou la fete n'est pas envisagée comme une marchandise a consommer mais comme un moment a partager et a construire ensemble.

2. C'est un espace d'expression artistique qui accueille musiciens, troupes de théâtre, vidéastes; cet espace permet a tous ceux qui le veulent de présenter leur travail a un public large et varié. A l'huilerie, nous cherchons a affranchir l'expérience de l'art de toute forme d'élitisme: contre l'élitisme culturel des " spécialistes ", contre l'élitisme économique des marchands.

3. C'est un espace préservé du monde marchand ou l'enrichissement humain et culturel passe avant le profit pécunier. Depuis février, toutes les manifestations organisées dans cette salle ont fonctionné sur le principe du prix libre. Par ailleurs, existe aussi dans cette salle un magasin tres particulier puisqu'on y troque des objets, livres, vetements en tout genre, récupérés dans les poubelles de cette société de gaspillage... Ce "shop" nous permet de développer une alternative a la consommation.

4. Enfin, et peut-etre avant tout, c'est un espace d'information, de réflexion et de débat. L'organisation de conférence, la présence d'une table de presse dans la salle, l'élaboration en commun de journaux muraux lors des apres-midi portes ouvertes, les multiples discussions ou prises de parole spontanées ... tout ceci fait de cette salle une agora largement ouverte ou circulent, s'expriment et se débattent les idées qui sous-tendent nos pratiques.

CHRONOLOGIE

- 17 février 2000: ouverture, installation de douze habitants et début des travaux dans le bâtiment principal.

- mars 2000: chantier collectif d'aménagement du hangar et début des restos a prix libre les jeudi soir: " le mets au pot ta mie ".

- mars 2000: participation au carnaval de La Plaine sans frontieres.

- avril 2000: auberge espagnole.

- mai 2000: concert des " spamabilly "

- mai 2000: vidéo-conférence sur l'école émancipée: " Freinet et l'éducation anti-autoritaire ".

- 19 mai 2000: vidéo-conférence sur la situation politique en Autriche avec un militant antifasciste de Vienne: " que se passe-t-il en Autriche? Que se passe-t-il en Europe? ".

- juin 2000: représentation théâtrale de la Cie le Poulailler: "la Mere e ta mere " et concert de musique électronique.

- juin 2000: concert de musique orientalo-tzigane " Qasim Odal " et projection de films super8.

- aout 2000: accueil de la " Caravane anticapitaliste " avec spectacle de rue, projection de films (sur la mobilisation de SeattIe, sur les émeutes racistes en Andatousie et des films pour enfant), et débats.

- septembre 2000: organisation de rencontres portes ouvertes le dimanche: " le jour des saigneurs ".

- septembre 2000: assignation devant le TGI de Marseille, soirée de soutien le 21 septembre fprooes le 29 septembre.

- octobre 2000: préparation d'un week-end de débats, conférences, projection, sur les réalités carcérales et les alternatives a la prison.

- etc.